Mot-clé - XIIIe

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Pelote - surcot espagnol de la fin du XIIIe siècle

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Seconde pièce du costume de noble espagnol de la fin du XIIIe siècle que je vous présente : la pelote ou surcot.

Portée par dessus la tunique, le surcot espagnol a lui aussi une forme très typique. C'est un surcot sans manches dont l'ouverture sur les côtés est très échancrée. Il laisse largement voir la tunique portée en dessous. Cette forme de surcot, longueur mise à part, semble également portée aussi bien par les hommes que par les femmes.

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Le point de croix natté

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Dans les points utilisés au Moyen-âge, si les couchures sont peut être les points les moins connus aujourd'hui, un point qui est peu connu voire mal interprété est le point de croix natté (ou long-arm cross stitch en anglais). Parfois confondu avec un point de chausson ou un point de croix serré.

Broderie à points comptés, le point de croix natté est un point de croix asymétrique. Il a été utilisé au moins dès le XIIIe siècle pour réaliser des bordures ou des frises géométriques ou bien seul pour son aspect décoratif, donnant un résultat à mi-chemin entre la tapisserie et le tricot.

Cette bourse à relique datée du XIVe siècle est également brodée au point de croix natté, le résultat en côtes parallèles fait penser à du tricot. b223582.jpg
Bourse à relique XIVe siècle, Musée d'art religieux et d'art Mosan.

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L'usage de décors brodés dans l'habillement - introduction.

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Nous avons vu quelques points de broderie de l'époque, des techniques appliquées à la broderie, les costumes des artisans et les outils.

La question de l'existence de la broderie n'est évidemment pas sujette à caution, il faut néanmoins s'intéresser aux usages de ces broderies : Par qui ? Pour quoi ? sont-elles utilisées. Est-ce que tous les décors brodés sont utilisés de la même manière ?

Ce premier article est une introduction aux différents usages des décors brodés au Moyen-âge dans l'habillement. J'ai écarté le mobilier (civil et liturgique) car la longueur de l'article me semblait déjà suffisante. En outre, je m'accorderai ainsi une pause pour me permettre de traiter ces usages de manière plus approfondie plus tard. Cet article était déjà en préparation depuis plusieurs années, le couper me permet d'enfin le publier sans pour autant en bâcler tout un pan.

Dans les articles à venir également, je vous présenterai quelques exemples de broderies (parfois terminées, parfois en cours) que nous réalisons dans le cadre de l'atelier de brodeurs. Nous évoquerons alors plus en détail les sources, les techniques et les matériaux.

Si l'atelier de brodeurs et les brodeurs eux-mêmes sont fixés dans une aire spatio-temporelle, les ouvrages proposés sont d'origine plus étendue. En effet, la variété des styles de broderies, des écoles, nous semblait aussi primordiale à évoquer pour illustrer la richesse de l'art de la broderie au Moyen-age et, à titre personnel, passionnant à découvrir et approfondir. Nous nous intéresserons donc aux broderies occidentales du XIIe au XIVe siècles !

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Broderies médiévales : points utilisés

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Les points de broderies utilisés au milieu du moyen-âge sont assez simples et pour la plupart encore largement utilisés aujourd'hui. Si utiliser un point attesté à une période donnée n'est pas suffisant pour faire de la broderie historique (nous verrons ce point dans la conclusion), c'est un prérequis nécessaire.

Cet article a pour but de recenser les points les plus fréquemment utilisés d'après les artefacts qui nous sont parvenus. Pour une explication complète et technique sur les points de broderie en eux même, de nombreux ouvrages et sites internet proposent des explications claires et détaillées (Le site de Mary Corbet par exemple ou L'Encyclopédie de la broderie : Plus de quatre cents points de Mary Thomas et Jan Eaton, Ed. Fleurus).

Un grand merci à Laetitia Martini de l’association Fief et Chevalerie pour m'avoir permis d'utiliser certaines de ses photographies prises au musée de Sens.

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Saya encordada - tunique espagnole XIIIe siècle

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saya-03.JPGDans le cadre d'une proposition de reconstitution d'un costume noble espagnol de la seconde moitié du XIIIe siècle, je vais vous présenter d'abord quelques pièces individuellement. Je réaliserai un article global sur l'ensemble du costume et des choix qui ont été faits ensuite.

La première pièce, très typique et spécifique à l'Espagne de cette période est la saya encordada ou tunique lacée. La saya est un vêtement intermédiaire (cotte, portée sur la chemise et sous le surcot ou le manteau) porté aussi bien par les hommes que par les femmes durant le XIIIe siècle.

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Le festin du troubadour - Lecture

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Le Festin du troubadour, Nourriture, société et littérature en Occitanie (110-1500) Wendy Pfeffer, La Louve éditions, 2016.

Ce livre nous propose de nous plonger dans l'alimentation médiévale du sud de la France (actuelle) au travers de la tradition littéraire mais surtout en croisant toutes les sources disponibles. On y croise tous les aspects de l'alimentation : les aliments bien sur, mais aussi la cuisine, les outils, les rituels sociaux et enfin la dimension poétique et symbolique de la nourriture.

Devant le constat que la spécificité de l'alimentation en occitanie n'a pas été étudiée, l'autrice définit elle-même son livre comme une introduction au sujet. Et en effet, à la lecture, beaucoup de parties ressemblent à un état de l'art critique.

En ce qui concerne le concept d’Occitanie au moyen-âge, le sujet est traité en début d'ouvrage : les sources sont concentrées sur les régions où l'on parle les langues d'oc à cette époque. Le sujet survole donc une grande région de la Savoie à la Gascogne, de Bordeaux à Nice, en passant par Montluçon et l'Auvergne. Si cette région peut paraître un peu artificielle (entre l'Aquitaine de Guillaume IX ou la papauté en Avignon), certains chapitres sont découpés par aires géographiques plus cohérentes et les localisations sont toujours précisées. On ne prétend pas faire de l’Occitanie une unité cohérente.

Enfin, l'autrice évoque avec humour le fait de travailler sur la gastronomie française lorsque l'on est américaine.

Tout ceci, donc, pour montrer à quel point ce vaste sujet est traité avec précautions.

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Une coiffe XIIe et XIIIe : la guimpe nouée.

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La guimpe (ginple, gimple) nouée (ou touaille -toelle-) est une coiffe drapée et entortillée plusieurs fois autour de la tête qui passe sous le menton. Elle est réalisée dans une grande bande de tissu fin. Elle était utilisée par les paysannes et les servantes pour les travaux physiques mais également pour les voyages. On l'observe sur les sources du troisième quart du XIIe siècle au premier quart XIVe.

Si la guimpe désigne, au cours de la période médiévale y compris au XIIIe siècle différents types de coiffes, nous allons nous intéresser à un seul type d'entre elles : la guimpe liée ou nouée.

Cette coiffe est représentée sur des personnages de la fin du XIIe siècle (bible de Manerius) à la mi-XIIIe (vitraux de la cathédrale de Chartres et bible de Maciejowski).

Dans cette première partie, j'évoquerai la coiffe dans les sources, dans une seconde partie, je présenterai ma routine simple qui permet de draper cette coiffe facilement même sans miroir.

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Un costume de femme de la noblesse vers 1260

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Voici une proposition de reconstitution d'un costume d'une femme de la noblesse du 3ème quart du XIIIe siècle. Il est fortement influencé par la mode germanique.

Sa spécificité est de proposer une robe riche, décorée, conforme à la mode de l'époque tout en conservant une certaine bienséance. En effet, dès que l'on s'attaque au costume de la noblesse, la symbolique et la signification du vêtement gagne encore en importance : on est défini par le costume.

Les détails, tels que les différentes habits qui composent cette robe, ainsi que la coupe des vêtements, les matériaux qui les composent, les décorations, les accessoires, tout doit être pensé en fonction de ce que l'on souhaite montrer de sa personne et de son rang.

N'hésitez pas à vous reporter à mon précédent article pour plus de détails sur la mode féminine au XIIIe siècle.

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La bourse ou l'aumônière !

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En reconstitution, l'aumônière est souvent l'accessoire joli, qui fait envie. Mais on ne sait pas toujours si l'on peut le porter ni comment.

C'est aussi parfois, l'accessoire utile dont nous avons l'impression ne pas pouvoir nous passer pour des raisons autant pratiques qu'anachroniques.

Les questions que l'on me pose régulièrement sur les aumônières sont : Est-ce qu'on a des représentations ? Est-ce qu'elles étaient vraiment portées ? Est-ce que c'était porté par les hommes ?

P1050369.JPG Une aumônière en cours de broderie au fil de soie. Accessoire classieux à porter impérativement ?

Que faire pour ne pas se tromper d'accessoire ni faire de faute de goût ? Qu'aurait écrit une blogueuse de mode au moyen-âge ?

Plongeons dans l'univers de l'accessoire par excellence !

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Un costume de "fausse" courtisane vers 1250

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Le costume présenté, daté vers 1250 est une proposition de reconstitution d'une imitation de costume noble. Le courtisan à cette époque est une personne évoluant dans la cour, il n'a pas le sens péjoratif que nous pouvons lui donner aujourd'hui. Il s'agit donc d'un costume de fausse courtisane dans la mesure où il s'agit d'une tentative de montrer par une richesse démesurée un rang supérieur dans la société.

En effet, la grande ampleur de la cotte, sa traine et ses décorations en font un vêtement plutôt exceptionnel. Cependant, le tissu et certaines matières utilisées (perles en nacre et non perles naturelles) montrent que la réalisation est au dessus des moyens réels du porteur.

Très fort marqueur social, le costume pouvait en effet essayer de faire passer son porteur pour plus riche qu'il n'était (et cette tendance a largement perduré au cours des siècles, bien au delà du Moyen-âge) c'est à ce genre de comportement que nous devons beaucoup de lois somptuaires : règlements qui déterminent ce qu'il est bienséant de porter selon son rang, sa richesse. Si les questions de morale liées au costume nous sont parvenus et que la bataille des représentations semble avoir été gagnée par ces moralistes, le fait que certaines garde-robes aient contenu plus que nécessaire semble indéniable. Les plus difficile lorsque l'on tente de proposer une reconstitution est de déterminer dans quelle mesure le vêtement ne respectait pas les codes et où précisément se situaient les infractions.

La pièce principale de ce costume, la cotte a été réalisée d'après la tunique de Ste Claire dans une approche d'étude et de compréhension des artefacts qui nous sont parvenus.

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La mode féminine au XIIIe siècle : aperçu et perspectives de reconstitution

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Entre l'excentricité de la mode du XIIe siècle fortement influencée par l'orient et Byzance et la révolution de la mode au XIVe siècle qui dévoile de multiples façons un corps modelé[1], le XIIIe siècle est souvent considéré comme une période de non mode. Une période où la parure serait absente des considérations de la haute société. C'est dû en grande partie au règne de Louis IX, St Louis, réputé pieux et austère (ceci au travers des témoignages de ses contemporains[2]) et l'on obtient le parfait cocktail pour une méconnaissance de la mode et des usages vestimentaires.

Alors le XIIIe siècle, règne du sac à navets ou de l'élégance ? Au delà de cette question de look, ce sujet nous amène également à nous interroger sur la démarche de reconstitution du costume au XIIIe siècle.

Notes

[1] Odile Blanc ; Parades et parures, L'invention du corps de mode à la fin du Moyen Age ; Gallimard ; 1997.

[2] Voir le témoignage de Jean de Joinville lors de la pentecôte à Corbeil.

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Un costume de paysanne vers 1230

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Ce costume est un costume de paysanne de la première moitié du XIIIe siècle. Simple et fonctionnel, il est composé des pièces de vêtement habituelles : chemise de corps en lin, cotte, chausses, ceinture tissée, guimpe et chaperon en laine. Un grand soin a été apporté dans le choix des matériaux tout en respectant une certaine sobriété. Seuls quelques éléments fonctionnels ressortent et font office de décorations.

Dans le cadre de l'étude des artefacts du XIIIe siècle, la cotte est une tentative de reproduction de la tunique de Ste Élisabeth de Thuringe.

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Les mots du chaperon

Le chaperon qui fait son apparition au XIIe siècle pour devenir un véritable accessoire de mode aux XIVe et XVe siècle varie fortement dans sa forme et ses caractéristiques principales durant toute cette période.

Mais avant de vouloir faire une histoire de la mode du chaperon, il semble nécessaire (comme pour tout sujet) de définir les mots qui permettront de décrire ce vêtement. La littérature à ce sujet existe mais on oublie parfois de s'y référer.

Voici donc les mots du chaperon, une radiographie en 3D de ce couvre-chef !

Une suite à cet article, sur l'histoire du chaperon est paru dans le magasine Moyen âge n°89.

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Proposition de reconstitution d'un costume de brodeuse vers 1200.

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A la charnière entre les XIIe et XIIIe siècles, on connait peu de choses du statut des artisans en France. Mais il semblerait que leur statut subisse une profonde mutation. Petit à petit, les métiers sortent du cadre privé des ateliers seigneuriaux vers la sphère publique. La fin de cette mutation se retranscrit au travers du dépôt du statut des métiers par le préfet de Paris en 1268.

Le costume présenté est celui d'une brodeuse qui dirige un atelier travaillant essentiellement pour une maison noble. En plus du paiement de leurs ouvrages, les artisans travaillant au service de ces maisons perçoivent des gratifications pécuniaires ou les matières premières (étoffes, fourrures ...) nécessaires à la confection d'une garde-robe à la hauteur de leur rang. Les étoffes étant très chères il faudrait un peu moins d'un an de salaire à notre chef d'atelier pour s'offrir de quoi tailler une robe dans un drap de laine d'assez bonne qualité (et plus d'un an de salaire pour une ouvrière). On comprend alors mieux pourquoi les nobles habillaient leurs gens et pourquoi les vêtements entraient dans les inventaires et donations après décès. La robe de notre brodeuse est donc taillée dans un drap offert par son employeur.

Le costume est conforme à la mode de l'époque, telle que décrite dans les textes courtois, qui nous renseignent sur les usages des vêtements et éclairent l'iconographie en animant, en quelque sorte, les images figées que nous pouvons observer. Les textes des moralistes sont également étudiés de sorte à avoir un second éclairage sur la question.

Ainsi, le costume se compose d'une robe de fin sergé de laine lacée sur les côtés, d'une chemise de lin blanc finement plissée, d'une ceinture de laine tissée. Deux coiffes complètent cette tenue, l'une plus formelle et classique, l'autre en soie, comme les coquettes de l'époque.

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Aumônière en filet, deuxième hypothèse de reconstitution

Dans la même optique que pour l'aumônière en soie or et perles que j'ai réalisée pour mon costume noble XIIIe, j'ai cherché à approfondir les propositions de reconstitutions pour ce type de bourses en filet.

En effet, d'après l'enluminure tirée de la bible de Maciejowsky, on ne peut tirer de conclusion ferme quant à la technique utilisée pour la bourse représentée.

J'ai donc choisi, pour cette deuxième hypothèse de faire une bourse en appliquant un filet sur le tissus de la robe.

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Le touret et la barbette

Le touret est la coiffe emblématique de la noblesse au XIIIe siècle. Mais il est un peu comme l'objet de l'une des chansons les plus connues de Pierre Peret, il y en a des tas dans des styles assez différents, et portés de manière variable : des hauts, des droits, des évasés, des plissés, des bas, des gaufrés ...

Je me suis arrêtée sur un modèles mi-XIIIe qui corresponde à ce que l'on peut voir dans la bible de Maciejowsky, puisque c'est le point de départ de mon futur costume mi-XIIIe : un touret peu haut, évasé en son sommet avec des plis. Porté avec une barbette, c'est à dire une bande de tissus qui passe sous le menton.

A partir de là, on peut le porter simplement avec les cheveux tressés, ou les cheveux retenus en chignon sur la nuque grâce à un filet ou bien une coiffe couvrante.

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