Mot-clé - XIVe

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Métiers à broder

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Les métiers à broder servent à tendre le tissu sur lequel on va appliquer une broderie. Si certains points de broderie peuvent s'effectuer sans tendre l'ouvrage, il en est pour lesquels c'est indispensable. Dans le cadre de broderie historique et de la reconstitution d'un atelier de brodeurs la question du métier s'est posée. Existaient-ils ? Quelle était leur forme ? Comment étaient-ils faits ?

J'ai donc exploré les sources, jusqu'au 18e siècle pour faire un tour d'horizon des types de métiers utilisés selon les périodes. J'ai arrêté mes recherches (même si je note les représentions plus récente pour archive) au 18e siècle car il semble correspondre à l'arrivée du tambour à broder rond. Je me suis contentée de dater son apparition et non d'étudier son évolution au cours du temps. Je consacrerai un article séparé sur l'apparition du tambour rond.

Les différentes sources que j'ai utilisées sont les représentations, bien sûr. Elles nous permettent d'attester de l'existence de l'outil à une date donnée. Mais celles-ci ne sont pas toujours suffisantes. Parce qu'on ne retrouve pas de représentation exhaustive de tous les outils ayant été utilisés pour les périodes anciennes mais également parce que le détail ne nous permet pas toujours d'identifier avec certitude la représentation, ni même les caractéristiques techniques de l'objet.

Nous étudierons également certains traités qui nous permettent d'avoir des précisions sur les us et coutumes de l'époque. Que se soit un traité de broderie ou un traité de peinture, ils vont venir en complément nous donner des informations supplémentaires.

Enfin, pour les périodes où l'on a aucune représentation ni texte évoquant les conditions matérielles, l'étude des broderies en elle-mêmes nous offre également quelques indices précieux sur leurs conditions de réalisation.

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Le point de croix natté

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Dans les points utilisés au Moyen-âge, si les couchures sont peut être les points les moins connus aujourd'hui, un point qui est peu connu voire mal interprété est le point de croix natté (ou long-arm cross stitch en anglais). Parfois confondu avec un point de chausson ou un point de croix serré.

Broderie à points comptés, le point de croix natté est un point de croix asymétrique. Il a été utilisé au moins dès le XIIIe siècle pour réaliser des bordures ou des frises géométriques ou bien seul pour son aspect décoratif, donnant un résultat à mi-chemin entre la tapisserie et le tricot.

Cette bourse à relique datée du XIVe siècle est également brodée au point de croix natté, le résultat en côtes parallèles fait penser à du tricot. b223582.jpg
Bourse à relique XIVe siècle, Musée d'art religieux et d'art Mosan.

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L'usage de décors brodés dans l'habillement - introduction.

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Nous avons vu quelques points de broderie de l'époque, des techniques appliquées à la broderie, les costumes des artisans et les outils.

La question de l'existence de la broderie n'est évidemment pas sujette à caution, il faut néanmoins s'intéresser aux usages de ces broderies : Par qui ? Pour quoi ? sont-elles utilisées. Est-ce que tous les décors brodés sont utilisés de la même manière ?

Ce premier article est une introduction aux différents usages des décors brodés au Moyen-âge dans l'habillement. J'ai écarté le mobilier (civil et liturgique) car la longueur de l'article me semblait déjà suffisante. En outre, je m'accorderai ainsi une pause pour me permettre de traiter ces usages de manière plus approfondie plus tard. Cet article était déjà en préparation depuis plusieurs années, le couper me permet d'enfin le publier sans pour autant en bâcler tout un pan.

Dans les articles à venir également, je vous présenterai quelques exemples de broderies (parfois terminées, parfois en cours) que nous réalisons dans le cadre de l'atelier de brodeurs. Nous évoquerons alors plus en détail les sources, les techniques et les matériaux.

Si l'atelier de brodeurs et les brodeurs eux-mêmes sont fixés dans une aire spatio-temporelle, les ouvrages proposés sont d'origine plus étendue. En effet, la variété des styles de broderies, des écoles, nous semblait aussi primordiale à évoquer pour illustrer la richesse de l'art de la broderie au Moyen-age et, à titre personnel, passionnant à découvrir et approfondir. Nous nous intéresserons donc aux broderies occidentales du XIIe au XIVe siècles !

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Broderies médiévales : points utilisés

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Les points de broderies utilisés au milieu du moyen-âge sont assez simples et pour la plupart encore largement utilisés aujourd'hui. Si utiliser un point attesté à une période donnée n'est pas suffisant pour faire de la broderie historique (nous verrons ce point dans la conclusion), c'est un prérequis nécessaire.

Cet article a pour but de recenser les points les plus fréquemment utilisés d'après les artefacts qui nous sont parvenus. Pour une explication complète et technique sur les points de broderie en eux même, de nombreux ouvrages et sites internet proposent des explications claires et détaillées (Le site de Mary Corbet par exemple ou L'Encyclopédie de la broderie : Plus de quatre cents points de Mary Thomas et Jan Eaton, Ed. Fleurus).

Un grand merci à Laetitia Martini de l’association Fief et Chevalerie pour m'avoir permis d'utiliser certaines de ses photographies prises au musée de Sens.

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Le festin du troubadour - Lecture

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Le Festin du troubadour, Nourriture, société et littérature en Occitanie (110-1500) Wendy Pfeffer, La Louve éditions, 2016.

Ce livre nous propose de nous plonger dans l'alimentation médiévale du sud de la France (actuelle) au travers de la tradition littéraire mais surtout en croisant toutes les sources disponibles. On y croise tous les aspects de l'alimentation : les aliments bien sur, mais aussi la cuisine, les outils, les rituels sociaux et enfin la dimension poétique et symbolique de la nourriture.

Devant le constat que la spécificité de l'alimentation en occitanie n'a pas été étudiée, l'autrice définit elle-même son livre comme une introduction au sujet. Et en effet, à la lecture, beaucoup de parties ressemblent à un état de l'art critique.

En ce qui concerne le concept d’Occitanie au moyen-âge, le sujet est traité en début d'ouvrage : les sources sont concentrées sur les régions où l'on parle les langues d'oc à cette époque. Le sujet survole donc une grande région de la Savoie à la Gascogne, de Bordeaux à Nice, en passant par Montluçon et l'Auvergne. Si cette région peut paraître un peu artificielle (entre l'Aquitaine de Guillaume IX ou la papauté en Avignon), certains chapitres sont découpés par aires géographiques plus cohérentes et les localisations sont toujours précisées. On ne prétend pas faire de l’Occitanie une unité cohérente.

Enfin, l'autrice évoque avec humour le fait de travailler sur la gastronomie française lorsque l'on est américaine.

Tout ceci, donc, pour montrer à quel point ce vaste sujet est traité avec précautions.

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De la suspension des chausses masculines (XIIe-XVIIe)

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(...) lors commencza le monde de attacher les chausses au pourpoint. Et non le pourpoint aux chausses, car c’est chose contre nature (...).

Gargantua ; François Rabelais ; 1535.

Les chausses sont le vêtement qui couvre les jambes. D'abord séparées, en suivant l'évolution de la mode, elles seront de plus en plus hautes et couvrantes et elles finiront par être jointes et couvrir l'entre-jambe pour se transformer finalement en culotte au XVIIe siècle. Elles tiennent par suspension en les attachant grâce à des aiguillettes à un autre vêtement.

Je vous propose une petite rétrospective sur l'évolution des systèmes de suspension.

Dans le but de simplifier cet article, je ne vais m'attarder que sur la description des différents systèmes d'attaches des chausses. Il faut garder en mémoire que toute la population n'a pas abandonné d'un coup un système au profit d'un autre. Lorsque l'on parle de l'adoption du doublet au XIVe siècle et de l'impact qu'il aura sur la fixation des chausses, sa diffusion dans l'ensemble de la société prendra près d'un siècle ... plusieurs modes peuvent cohabiter sur une même période il en va de même pour la suspension des chausses.

Ainsi, je n'ai pas tenté de réaliser une chronologie précise de l'apparition ni de l'abandon de chaque système mais de les décrire pour donner les clés d'interprétation, de sorte que, devant une représentation, vous soyez capable de déterminer facilement par quel(s) moyen(s) les chausses peuvent être tenues.

Enfin, bien que la manière d'attacher les chausses ne puisse pas être considérée indépendamment de leur forme, nous n'allons pas approfondir l'évolution de celle-ci.

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L'embu : de la 3D dans l'art du tailleur médiéval

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embu.jpg Fig 1 : La tunique de Kragelund (Viborg, 1045-1155) et le pourpoint de Charles de Blois (Musée des tissus de Lyon, 1364). Deux vêtements très différents avec 300 ans d'écart qui ont pourtant une technique en commun. J'ai déjà parlé de l'embu à différentes reprises dans mes articles évoquant la tunique 11ème.

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Les mots du chaperon

Le chaperon qui fait son apparition au XIIe siècle pour devenir un véritable accessoire de mode aux XIVe et XVe siècle varie fortement dans sa forme et ses caractéristiques principales durant toute cette période.

Mais avant de vouloir faire une histoire de la mode du chaperon, il semble nécessaire (comme pour tout sujet) de définir les mots qui permettront de décrire ce vêtement. La littérature à ce sujet existe mais on oublie parfois de s'y référer.

Voici donc les mots du chaperon, une radiographie en 3D de ce couvre-chef !

Une suite à cet article, sur l'histoire du chaperon est paru dans le magasine Moyen âge n°89.

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