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Le filage des femmes au moyen-âge

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Depuis quelques jours, est partagé sur les réseaux sociaux, un article (daté de l'an dernier) de France Culture visant à déboulonner quelques clichés sur le moyen-âge. Combattre les idées reçues, encore nombreuses, sur cette période, c'est bien. Le faire sans perpétuer d'autres clichés, c'est encore mieux.

Et là, une petite phrase m'a interpelée. Au détour du paragraphe consacré à la condition féminine , voici ce que je lis :

On est encore loin d'une égalité de droits pour l'homme et la femme, mais on aurait tort d'imaginer les femmes en train de filer la laine en attendant que leur époux revienne de sa journée de travail.

Des femmes, désœuvrées, qui filent pour passer le temps, en attendant le retour de leur époux, c'est un cliché. Mais les femmes qui filent la laine à domicile c'est une réalité essentielle de l'époque médiévale.

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Métiers à broder

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Les métiers à broder servent à tendre le tissu sur lequel on va appliquer une broderie. Si certains points de broderie peuvent s'effectuer sans tendre l'ouvrage, il en est pour lesquels c'est indispensable. Dans le cadre de broderie historique et de la reconstitution d'un atelier de brodeurs la question du métier s'est posée. Existaient-ils ? Quelle était leur forme ? Comment étaient-ils faits ?

J'ai donc exploré les sources, jusqu'au 18e siècle pour faire un tour d'horizon des types de métiers utilisés selon les périodes. J'ai arrêté mes recherches (même si je note les représentions plus récente pour archive) au 18e siècle car il semble correspondre à l'arrivée du tambour à broder rond. Je me suis contentée de dater son apparition et non d'étudier son évolution au cours du temps. Je consacrerai un article séparé sur l'apparition du tambour rond.

Les différentes sources que j'ai utilisées sont les représentations, bien sûr. Elles nous permettent d'attester de l'existence de l'outil à une date donnée. Mais celles-ci ne sont pas toujours suffisantes. Parce qu'on ne retrouve pas de représentation exhaustive de tous les outils ayant été utilisés pour les périodes anciennes mais également parce que le détail ne nous permet pas toujours d'identifier avec certitude la représentation, ni même les caractéristiques techniques de l'objet.

Nous étudierons également certains traités qui nous permettent d'avoir des précisions sur les us et coutumes de l'époque. Que se soit un traité de broderie ou un traité de peinture, ils vont venir en complément nous donner des informations supplémentaires.

Enfin, pour les périodes où l'on a aucune représentation ni texte évoquant les conditions matérielles, l'étude des broderies en elle-mêmes nous offre également quelques indices précieux sur leurs conditions de réalisation.

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Proposition de reconstitution d'un costume de brodeur vers 1200

Dans le cadre de l'atelier de brodeurs, voici le costume de l'artisan brodeur. J'ai déjà évoqué brièvement le contexte économique et social de ces [artisans dans l'article consacré au costume de brodeuse. Il s'agit donc du costume de son époux.

La cotte que nous avons choisi de faire est une reproduction de la tunique dite de Moselund (datée c14 1050-1155). Nous avons décidé de la décorer de broderie en s'inspirant des enluminures de la fin du XIIe siècle (Bible de Manerius). Les accessoires (chapeau, ceinture), de part leur facture, dénotent un statut aisé.

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Un atelier de brodeurs vers 1200 : les outils

Dans la reconstitution d'un atelier artisanal, la reconstitution des outils est probablement la plus facile. Même si les sources pour certains outils sont rare ou que l'on a peu d'information, c'est malgré tout plus évident que l'étude des mentalités ou du contexte social. C'est pourquoi cet article vient en premier.

J'ai réunis les objets en 4 catégories :

  • Le mobilier ;
  • Les outils liés au commerce ;
  • Les outils liés au dessin et à la préparation de l'ouvrage ;
  • Les outils de broderie proprement-dits.

Travailler sur ces outils est aussi l'opportunité de se pencher sur les rapports qui pouvait exister entre les artisans et le reste de la société. Ainsi les outils de comptage et de commerce nous fournissent l'occasion de nous intéresser aux échanges et les outils de dessin aux relations que les ateliers de broderies pouvaient entretenir avec un autre corps de métier : les peintres.

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Proposition de reconstitution d'un costume de brodeuse vers 1200.

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A la charnière entre les XIIe et XIIIe siècles, on connait peu de choses du statut des artisans en France. Mais il semblerait que leur statut subisse une profonde mutation. Petit à petit, les métiers sortent du cadre privé des ateliers seigneuriaux vers la sphère publique. La fin de cette mutation se retranscrit au travers du dépôt du statut des métiers par le préfet de Paris en 1268.

Le costume présenté est celui d'une brodeuse qui dirige un atelier travaillant essentiellement pour une maison noble. En plus du paiement de leurs ouvrages, les artisans travaillant au service de ces maisons perçoivent des gratifications pécuniaires ou les matières premières (étoffes, fourrures ...) nécessaires à la confection d'une garde-robe à la hauteur de leur rang. Les étoffes étant très chères il faudrait un peu moins d'un an de salaire à notre chef d'atelier pour s'offrir de quoi tailler une robe dans un drap de laine d'assez bonne qualité (et plus d'un an de salaire pour une ouvrière). On comprend alors mieux pourquoi les nobles habillaient leurs gens et pourquoi les vêtements entraient dans les inventaires et donations après décès. La robe de notre brodeuse est donc taillée dans un drap offert par son employeur.

Le costume est conforme à la mode de l'époque, telle que décrite dans les textes courtois, qui nous renseignent sur les usages des vêtements et éclairent l'iconographie en animant, en quelque sorte, les images figées que nous pouvons observer. Les textes des moralistes sont également étudiés de sorte à avoir un second éclairage sur la question.

Ainsi, le costume se compose d'une robe de fin sergé de laine lacée sur les côtés, d'une chemise de lin blanc finement plissée, d'une ceinture de laine tissée. Deux coiffes complètent cette tenue, l'une plus formelle et classique, l'autre en soie, comme les coquettes de l'époque.

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A vos marques, Prêts, Brodez !

Préparer son support de broderie de manière historique d'après Cennino Cennini.

Cennino Cennini est un peintre Italien de la fin du XIVe siècle. Outre ses productions picturales il a écrit un traité Il libro dell'arte (Le Livre de l'art) où il décrit les techniques de peinture de son temps, de la fabrication d'un pinceau à la réalisations de fresques. Un chapitre de cet ouvrage est consacré à l'art de dessiner pour les brodeurs. Cennini décrit plusieurs méthodes selon la nature et la couleur du support, le type de dessin ... Nous allons nous intéresser à la première méthode : dessiner sur une toile blanche.

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Une robe d'artisan fin XIIe

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J'ai voulu revoir entièrement le costume fin XIIe de servante que j'avais réalisé il y a quelques années. En effet, la première mouture ne me satisfaisait pas entièrement pour diverses raisons.

En outre, je désirai réaliser plus qu'une simple robe mais essayer de fabriquer un costume complet, utilisable en toute saison et en toute circonstance.

La première étape a donc été de faire une robe simple, chaude et pratique en essayant de rendre certains détails plus crédibles.

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