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Les broderies polychromes figuratives à points comptés

Deuxième partie de mon tour d'horizon des broderies médiévales germaniques à points comptés. Vous pouvez, si ce n'est déjà fait, lire la première partie, consacrée à l'opus teutonicum.

Je vous propose aujourd'hui de nous intéresser aux broderies germaniques à points comptés où la couleur a une place prépondérante.

Tenture brodée, fin XIVe siècle, MET.

Dans les ouvrages sur l'histoire de la broderie, il y a souvent peu de distinction faite entre ces deux ensembles. Si on revient à la définition de Kay Staniland, on pourrait déduire que les broderies polychromes ne sont qu'une évolution de la broderie blanche à laquelle on aurait ajouté de la couleur petit à petit. Nous avons pourtant vu que l'opus teutonicum ne saurait être réduit à la définition de broderie blanche et que la couleur semble avoir toujours fait partie de ce type d'ouvrage.

Les broderies polychromes ne sont-elles qu'une évolution logique de la broderie à dominante blanche ou ont-elles coexisté ?

Il existe un large corpus de broderies polychromes, contemporain de l'opus teutonicum qui ne répond pas à sa définition. Le problème reste leur hétérogénéité. Si l'observation de broderies et les travaux de plusieurs historiens nous ont permis de proposer une définition de l'opus teutonicum, comment définir les autres broderies à points comptés ? En négatif ?

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Broderies à point comptés : l'Opus Teutonicum

vue-d-ensemble.png, fév. 2020

Les broderies médiévales à points comptés de l'aire germanique constituent un ensemble de broderies très variées. Du 12e au 15e siècle, ces broderies ont en commun l'utilisation de points comptés, c'est à dire que chaque point est réalisé de manière précise en comptant les fils du support de la broderie (tissu).

En dehors de cette caractéristique technique, le corpus est fort hétérogène. Pourtant bien souvent, les ouvrages relevant de cette période et de cette zone géographique sont désignés par une appellation générique, comme « german brick stitch » (point de brique allemand) ou « opus teutonicum ». Ces deux appellations posent problème. En effet, l'appellation point de brique ne reflète pas la diversité technique. Quant à l'opus teutonicum , il a une définition historique bien précise qui s’accommode assez mal de cette généralisation.

Je vous propose un petit tour d'horizon de ces différentes broderies pour décrire leurs caractéristiques techniques et graphiques et tenter de les désigner de manière satisfaisante.

  • Est-ce que ce corpus peut être considéré comme un grand ensemble cohérent ?
  • Est-ce que les différences techniques et graphiques nous permettent de discriminer des sous ensembles stylistiques et de les relier aux définitions existantes ?

Ce travail va également me permettre d'introduire la notion de style de broderie.

En effet, dans le cadre de la reconstitution de broderie médiévale, il est important de comprendre ces notions de style de broderie afin d'obtenir un résultat le plus crédible possible qui respecte à la fois les contraintes techniques et graphiques. Grâce à une meilleure description et des définitions claires, j'espère permettre à chacun de mieux comprendre les ouvrages de ce type, de les relier entre eux et de faire des choix éclairés en terme de reconstitution.

vue-d-ensemble.png, fév. 2020 Vue d'ensemble des broderies germaniques à points comptés sélectionnées sur mon tableau pinterest.

Étant donné l'ampleur du sujet, je vous propose de découvrir ces pièces en plusieurs articles afin d'éviter un article trop long :

  • L'opus teutonicum : exemples et définition.
  • Les broderies polychromes : corpus homogène ?
  • Techniques utilisées

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